LA RESOLUTION

Michaël Vurth, le 6 avril 2017

Ah, les pixels !...

 

Dans le monde réel, on mesure une longueur, une distance avec une unité de mesure connue, en général le mètre, souvent des sous-multiple en photo (centimètre ou millimètre) et pour les américains et autres anglo-saxons ... le pouce ! Mais une fois dans notre ordinateur, comment mesure t-on une image ? Un centimètre ne veut plus rien dire dans un fichier numérique ! Dans le monde de nos ordinateurs, on parle donc en pixel, c'est l'unité de mesure virtuelle !

C'est pour cela que lorsque l'on parle des dimensions d'une photo, on ne doit pas parler en centimètre, ni n'importe quelles autres unités "réelles", mais on doit parler en pixels ! C'est à la fois ce qu'il y a de plus simple et ce pour quoi ils ont été pensés !

 

La définition indique simplement le nombre de pixels qui composent votre image, par exemple 4000x6000pixels. c'est la même chose pour tous les écrans (ordinateur, télé, smartphone, etc.) et pour tous les capteurs (reflex, compact, scanner, caméra, etc.). La définition peut donc être indiquée "longueur x largeur" (exprimé en pixels), mais peut aussi être indiquée en donnant simplement le résultat de l'opération, ici 24 millions de pixels (4000x6000=24000000). Cela revient au même de dire qu'on a une image de 24Mpix ou bien de 4000x6000pix.

 

La résolution elle, indique un nombre de pixels sur une unité de longueur réelle (par exemple, un centimètre ou un pouce). La résolution en tant que telle, lorsque le fichier est dans l'ordinateur, n'a aucun intérêt et n'a aucun impact sur l'image. Elle est utile uniquement au moment de passer du monde réel au monde virtuel (numérisation ou prise de vue) ou à l'inverse, au moment de passer du monde virtuel au monde réel (impression et tirage photo). La résolution correspond donc à une densité de pixels (de points) sur une longueur donnée. On parle en général de "dpi", c'est l'unité de la résolution la plus utilisée et signifie "dot per inch" en anglais, ce qui se traduit par "point par pouce" en français (ou "ppp" c'est la même chose). Il s'agit donc d'indiquer le nombre de point (ou de pixels) sur un pouce (2,54cm = 1''). Pour un tirage, lorsque vous entendez parler de 300dpi, cela signifie que l'on retrouvera (en regardant avec une bonne loupe !) 300 points d'impression sur une longueur de 2,54cm donc en gros, à peu moins de 12 points par millimètre ... c'est beaucoup !

 

Une fois que vous avez bien compris le sens des mots "définition" et "résolution", vous comprenez que connaître la résolution n'a aucun intérêt, c'est bien la définition qui est importante ! Que la résolution indiquée dans votre fichier soit de 1dpi ou 1000dpi, on s'en fiche pas mal, ça ne changera pas sa définition !!! Donc ce qui compte est de savoir combien vous avez de pixels, et c'est tout !

 

Prenons un exemple avec ma photo de 4000x6000pix. Pensez-vous qu'elle sera différente à 72dpi qu'à 300dpi ? Et bien non, mon fichier fera toujours 4000 par 6000 pixels donc elle fera toujours le même format ! La résolution est la conséquence de mon choix de format de tirage, c'est tout. Si je décide de faire un tirage à 300dpi, parce que ça m'amuse ou parce que j'ai entendu que c'est ça qu'il fallait, bon très bien, allons-y, cela implique que mon tirage mesurera (4000pix/300dpi) par (6000pix/300dpi) = 13,33x20'' c'est-à-dire 33,9x50,8cm. Maintenant, je résonne dans l'autre sens (beaucoup plus logique !) en me disant que je farais bien un tirage 40x60cm de ma photo, d'accord mais est-ce que je vais avoir une bonne résolution de tirage avec un fichier de ce format ? Calculons ... 60cm = 23,6'' et 40cm = 15,7'' donc (6000/23,6) ou bien (4000/15,7), on obtient le même résultat (c'est bien logique !) et on constate que le tirage aura une résolution de 254dpi, soit 10 points par millimètre, ce qui est très bien.

Il faut donc retenir de tout ça que ce sont les pixels qui comptent, et que plus vous en avez, plus vous pourrez faire un grand tirage en concervant une bonne résolution...

Autres exemples, toujours avec le même fichier : si je souhaite un petit tirage 20x30cm, la résolution à l'impression sera donc de plus de 500dpi ! Et si je souhaite faire un très grand tirage au format 80x120cm, la résolution à l'impression sera de 127dpi, ce qui est très bien pour un tirage de ce format. Pour information, en partant d'une photo très pointue avec énormément de détails bien nets (photo prise correctement avec un très bon objectif macro par exemple et avec un sujet possédant beaucoup de détails bien "croustillants"), avec une résolution de 200 à 250 dpi on arrivera sans problème à reproduire les détails les plus fins de l'image, donc pas la peine de se "bloquer" toujours sur le 300dpi !

 

 

Le cas de la numérisation avec un scanner ...

 

La résolution pour un scanner est exactement la même chose que pour un tirage, mais la question est posée dans l'autre sens ! Quelle résolution choisir en fonction de quel besoin ?

 

La réponse est la suivante : il suffit tout d'abord de savoir quel est le format du document original à numériser ? Prenons le cas classique d'un négatif 24x36mm. Ensuite, la deuxième question est de savoir ce que je veux faire de cette photo une fois numérisée ? Prenons le cas où je souhaite faire un tirage 20x30cm avec une résolution d'impression de 254dpi. Et bien c'est très simple : la longueur de mon document de départ = 3,6cm (grand côté de mon film 24x36) pour arriver à la longueur de mon document d'arrivée = 30cm (grand côté du tirage) me donner un coéficient d'agrandissement de 8,3 environ. Comme je souhaite avoir une résolution de tirage de 254dpi, il me faudra une résolution de numérisation sur mon scanner de 2117dpi... comme cette valeur n'existe pas, on prendra la plus proche entre 1800dpi minimum et 2400dpi maximum (selon le scanner et votre envie de pixels !). Finalement, c'est une simple règle de 3 que vous appliquez à un seul côté de la photo (la résolution est linéaire et s'applique sur une longueur, si vous faites le calcul avec l'autre côté, vous obtenez le même résultat).

 

Vous constarez au passge, et c'est bien logique, que plus votre document à numérisé est grand et moins vous avez besoin d'utiliser une grande résolution pour obtenir le même format de tirage. Il vaut mieux partir d'un tirage argentique de bonne qualité que d'un négatif car on a plus d'information et un document plus grand donnera plus de détails à la même résolution... mais bien souvent, un négatif sera mieux conservé qu'un tirage photo ! Et un tirage photo est bien souvent une interprétation du négatif alors il est parfois préférable de partir de la source... lorsque celle-ci existe encore et qu'elle est en bon état !

 

 

 

LES COULEURS

Michaël Vurth, le 2 avril 2017

Synthèse additive : RVB, du noir vers le blanc !

 

Le soleil émet une lumière naturelle d'un blanc pur de référence. Cette lumière se décompose en 3 couleurs primaires : le rouge, le vert et le bleu.

On part du noir (la nuit profonde) et en ajoutant le rouge, le vert et le bleu, on obtient du blanc, comme le montre le dessin ci-contre.

Ce sont ces 3 mêmes couleurs primaires qui sont utilisées dans nos écrans (quelle que soit sa technologie : ancien tube cathodique, LCD, plasma, OLED, etc.) et si vous regardez votre écran à la loupe, vous verrez que pour former une image blanche, il faut bien allumer un point rouge + un point vert + un point bleu, les 3 bien collés les uns aux autres ... pour faire du blanc ! Pour faire du jaune, on allume uniquement le rouge et le vert et on éteint le bleu, et ainsi de suite pour reproduire toutes les nuances de couleurs. Le capteur des appareils photos numériques (et caméra, scanner, etc.) fonctionnent sur le même principe : chaque pixels va s'occuper d'une couleur primaire, soit le rouge, soit le vert, soit le bleu et hop, il suffit ensuite de recomposer son image pour avoir toute la palette de couleur de la nature (ou presque ...)

Le mélange de ses couleurs primaires est appelé synthèse additive car on apporte de la lumière à chaque fois qu'on ajoute une couleur (on va du noir vers le blanc).

 

Synthèse soustractive : CMJN, du blanc vers le noir ...

 

L'homme, en essayant de reproduire la nature, d'abord avec de la peinture sur du papier puis, plus récemment avec l'imprimerie, s'est rendu compte que de partir d'un papier noir et d'ajouter les couleurs rouge, vert et bleu ... cela ne fonctionnait pas !!! Par contre, en faisant l'inverse, en partant du blanc (le papier) et en ajoutant les couleurs opposées aux couleurs primaires "naturelles" ... ça marche !

La couleur opposée au rouge est le cyan, la couleur opposée au vert est le magenta et la couleur opposée au bleu est le jaune. Le cyan, le magenta et le jaune sont donc aussi 3 couleurs primaires, comme le rouge, le vert et le bleu, donc tout dépend si on part du noir pour aller vers le blanc ou bien du blanc pour aller vers le noir. On appèle le mélange de ces 3 couleurs primaires la synthèse soustractive car l'ajout de ses couleurs retient de la lumière à chaque fois qu'on en ajoute (on va du blanc vers le noir). En théorie, le cyan avec le magenta et le jaune donnent donc du noir ... en théorie, car en pratique on constate qu'on obtient plutôt un gris foncé... c'est difficile de reproduire la nature !!! C'est pour cela, qu'en peinture comme en imprimerie, on a ajouter le noir (on ajoute aussi parfois le blanc pour obtenir un "vrai" blanc lorsqu'on utilise un papier qui n'est pas blanc).

A partir de là, on commence à aborder les problèmes rencontrés pour obtenir un "vrai" blanc et un "vrai" noir ! Vous avez tous déjà constaté la différence de blanc entre des papiers différents (plus ou moins chaud, renvoyant plus ou moins la lumière, effet de surface plus ou moins mate, etc.) et la difficulté parfois d'obtenir un noir profond ... mais là, on arrive dans les métiers des peintres, imprimeurs, tireurs et autres professions qui travaillent sur papier (et autres supports).

 

Représentation des couleurs

 

On vient de voir qu'il existe finalement 2 fois 3 couleurs primaires : le rouge, le vert et le bleu mais aussi le cyan, le magenta et le jaune.

 

Attention donc à ne pas confondre le magenta et le rouge, ou bien le cyan avec le bleu ou le vert ! Le cyan et le magenta sont des couleurs primaires ... donc non "discutables" ! Le cyan, c'est du cyan, ce n'est pas un peu bleu ou un peu vert, ce n'est pas émeraude ou turquoise non, non, c'est du cyan : le parfait mélange entre le vert et le bleu ! Même chose pour le magenta, ce n'est pas du rose ou du violet, ni du fuschia, ni je ne sais pas quoi d'autre, c'est du magenta : le parfait mélange entre le rouge et le bleu ! Finalement c'est assez drôle parce que pour le jaune il n'y a pas débat, tout le monde c'est ce que c'est : c'est jaune ! Le jaune est le parfait mélange entre le vert et le rouge, mais ça, personne en parle !...

 

Pour aller un peu plus loin et être complet, sinon se serait trop simple tout, on peut dire que scientifiquement parlant, le magenta n'existe pas ! Les couleurs sont des longueurs d'ondes visibles et devraient donc être représentées sur une droite (et pas sur un cercle) allant du rouge (visible, à la limite de l'infra-rouge) jusqu'au violet (visible, à la limite de l'ultra-violet). quelqu'un (je ne sais pas qui ?) a eu la bonne idée un jour, pour les artistes, les gens de la mode, etc. (bref, tout ceux qui sont intéressés par les couleurs mais qui ne sont pas scientifiques !) de représenter les couleurs dans un cercle, mais pour fermer ce cercle, on a donc joint le rouge avec le violet et on a appelé cette "jonction" le magenta ... couleur qui n'existe pas scientifiquement ... mais on s'en fiche !

 

Le point intéressant de ce cercle est qu'on peut voir un un coup d'oeil les couleurs opposées : le rouge et le cyan, le vert et le magenta, le bleu et le jaune. En photo couleur, lorsque vous rechercher le meilleur contraste de couleur, rien de mieux que de retenir cela ! Effectivement, un tournesol jaune sur un fond de ciel bleu, une coccinelle rouge sur un joli feuillage vert, etc. ça fonctionne à tous les coups !

 

 

 

 

 

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